Amadeus va rapporter gros à Air France
Amadeus va rapporter gros à Air France
13/04/2010 à 05:56
Le retour en Bourse d’Amadeus va rapporter gros à Air France-KLM
La réintroduction en Bourse du premier système de réservation mondial, dont Air France-KLM détient 23,14 %, devrait lui rapporter plus de 250 millions d’euros et gonfler ses actifs comptables d’environ 1,6 milliard. Attendu de longue date, le retour en Bourse d’Amadeus devrait se traduire par un joli coup de pouce financier pour Air France-KLM. Le groupe aérien franco-néerlandais, qui détient encore 23,14 % du leader mondial des systèmes de réservation informatisées – aux côtés d’Iberia et de Lufthansa pour 11,57 % chacun, et des fonds d’investissement BC Partners et Cinven pour 52,3 % -, devrait en effet profiter de cette opération. Prévue pour la fin du mois, elle lui permettra de récupérer quelque 250 millions d’euros de cash tout en améliorant substantiellement son bilan financier sur l’exercice 2010-2011. Et ce tout en restant l’un des principaux actionnaires d’Amadeus.
Selon nos informations, ce dernier viserait un retour à la Bourse de Madrid -où se trouve son siège -si possible dès le 29 avril, soit cinq ans après son rachat partiel par BC Partners et Cinven, et son retrait de la cote, qui avait déjà permis à Air France-KLM de récupérer près de 1 milliard d’euros de cash. Réservée aux investisseurs institutionnels, cette offre publique de vente et de souscription devrait faire l’objet d’une ultime réunion de calage avec les autorités de régulation, demain à Madrid, afin d’arrêter le document officiel. L’opération, qui serait la plus importante introduction en Bourse depuis des années sur le marché madrilène, porterait sur 25 % du capital, via une émission d’actions nouvelles pour 10 % et une cession d’actions pour 15 %.
Des valeurs sûres
Sur ces derniers 15 %, chaque actionnaire devrait ainsi céder une partie de ses titres au prorata de sa participation actuelle, ce qui, dans le cas d’Air France-KLM, représenterait 3,5 % du capital, contre 1,75 % pour Iberia, ainsi que pour Lufthansa. Sur la base d’une valorisation totale d’Amadeus estimée entre 6,7 et 8 milliards d’euros, Air France-KLM récupérerait ainsi entre 234,5 et 280 millions de cash. Mais ce n’est pas tout. Une fois coté Amadeus à la Bourse de Madrid, les quelque 20 % toujours détenus par Air France-KLM pourront également être valorisés à leur juste valeur parmi les actifs du groupe. Pour l’heure, cette participation compte en effet pour zéro dans son bilan financier. A supposer qu’Amadeus soit effectivement valorisé à 8 milliards d’euros à l’issue de sa réintroduction, c’est 1,6 milliard d’actifs qui viendront ainsi s’ajouter aux fonds propres d’Air France-KLM et réduire d’autant son ratio d’endettement.
Reste à connaître l’accueil que fera le marché à Amadeus. A priori, le système de réservation, qui équipe 103.000 agences de voyages, plus de 720 compagnies aériennes et 85.000 hôtels, fait partie des valeurs sûres du secteur. Lors de son retrait, en 2005, sa valorisation atteignait déjà 4,34 milliards d’euros. A l’instar des aéroports, ses recettes sont en effet basées sur une somme fixe par réservation et ne sont donc pas impactées par la baisse du prix moyen du billet, contrairement à celles des compagnies aériennes.
L’an dernier, Amadeus a ainsi pu générer, malgré la crise du transport aérien, un excédent brut d’exploitation de 894 millions d’euros, en hausse de 2,3 % par rapport à 2008, pour un chiffre d’affaires en retrait de 1,7 %, à 2,46 milliards. Sa marge opérationnelle s’est accrue de 1,4 point, à 36,3 %.
BRUNO TRÉVIDIC ET GILLES SENGÈS (À MADRID), Les Echos


